__: Jeune fille de 19 ans, tension 10.5. Une balle dans la poitrine près de la clavicule. A perdu connaissance depuis environ 30 minutes et a perdu beaucoup de sang sur place. Mis sous oxygène dans l'ambulance.
__ : Très bien, appelé le docteur Grey, dans le bloc 6. Laissez Passer !!!
Plusieurs heures plus tard.
Il paraît qu'on voit toute notre vie défilée quand on meurt. En ce moment précis, je suis sous oxygène, je suis encore inconsciente mais je vis. Les médecins ont réussis à me sauver mais je ne suis pas encore sorti d'affaire. Du moins, en partie. Il faut encore que je me réveille et je ne sais pas pourquoi, je suis partagé entre deux mondes différents. L'oxygène me maintiens en vie mais mon esprit est ailleurs. Je ne sais par quels moyens des images de ma vie me revienne.
__ : Qu'est ce que tu fais là ? Baisse cette arme !
__ : Tu crois vraiment que je vais te laisser vivre après tout le mal que tu m'as fait ?
__ : Très bien ! Tu veux me tuer ? Vas-y ! Appuis sur la cachette ! Appuie !
__ : ....
__ : APPUIE !!!
__ : DUNCAN !!! NOOOONNNN !
Et le coup partit après une altercation entre une autre personne.
Je me suis interposé. Je ne voulais pas qu'il fasse de bêtise, je ne voulais pas que quelque chose de grave lui arrive. Alors quand j'ai vu l'autre lui hurlé d'appuyer, j'ai fixé Duncan pendant un long moment, j'ai vu des gouttes de sueur tombées de son front et sa main, tenant fermement son pistolet, j'ai cru qu'il allait lui obéir tellement sa haine était présente. Je suis sortie de ma cachette, j'ai crié de toutes mes forces et j'ai couru vers lui avant que tout ne dérape. C'est comme si la scène s'était passée au ralenti. Duncan et moi sommes tombés au sol, l'arme a glissé vers son ennemi et il a tiré sur le jeune homme. C'est à ce moment que j'ai ressenti un éclair dans ma poitrine, comme si, un harpon entrait dans l'eau aussi facilement que la balle entrant dans ma chair. J'ai eu le souffle coupé pendant un instant. Je ne sais comment, je me suis retrouvé allongée sur le dos, dans les bras de mon ami. La vision se trompait, plus ou moins floue. Mais j'ai vu qu'il examinait ce qu'il mettait arrivé, que sa respiration accéléra par l'angoisse. J'ai même remarqué qu'il avait passé sa main derrière mon épaule et regarda sa main, sans doute pleine de sang. J'entends encore sa voix me hurler, me supplier de rester avec lui. Je revois ses yeux, noyés par les larmes. Je revois sa rage sortir de sa bouche mais toute différente de celle que j'avais vu tout à l'heure. Je commence à m'endormir. J'ai froid d'un coup mais Duncan me tient fermement dans ses bras. Pourtant, je lutte. Mon souffle se ralenti mais je lutte, je veux rester avec lui une minute de plus pour tout lui dire.
__ : Duncan !.....
__ : Tais toi, je t'en pris ! Tais toi ! Les secours vont bientôt arriver ! Je t'en supplie tiens bon !
__ : Je...je...
Et mes yeux se sont fermés. Mais je n'ais pas encore perdue connaissance puisque j'ai entendu Duncan hurler de chagrin en voyant que j'étais partie. Tout est si trouble, tout est si angoissant ! Je sens mon corps se vider de mon sang et refroidir comme si j'étais en cours de décomposition. Mais après avoir passé entre les mains des médecins et des professionnels, je suis sous assistance respiratoire. Ils ne peuvent plus rien faire pour moi maintenant, c'est à moi de décider de mon sort. De là ou je suis, je vois mon corps branché à de multiple fils. Comment j'en suis venu à me retrouver là ? Par où commencer, une vie c'est tellement long mais je crois savoir par où commencer...
Je suis venu au monde en début de printemps et c'est ce même jour ou ma mère est partie retrouver les anges. Mon père, ce jour là, a perdu sa femme et a gagné une petite fille de simplement quelques kilos, innocente et fragile qui s'appelle Sidney Emy Parker. Parlé de ma mère a été assez rare mais jamais cachée, mon père m'a souvent raconté son histoire et pleins de choses sur elle, j'ai toujours rêvé de la rencontrer. Apparemment, ils étaient très amoureux et très heureux d'avoir un enfant. J'ai gardé quelques photos d'elle mais sa présence me manque.
Les années ont passées et mon père et moi vivions au jour le jour. Je ne le voyais pas souvent ou alors entre deux matches mais il a toujours été là pour moi. Lors des vacances pendant qu'il s'entraînait avec ses collègues, moi, j'étais dans les gradins, à l'admirer en train de jouer au basket. Je le trouvais vraiment exceptionnel. Le public l'avait surnommé le ''Legend Sam''. Il était le meilleur joueur de son équipe. Je me souviendrais toujours du premier match ou je suis aller le voir, il avait été tellement fort que c'est ce même jour ou je me suis promise d'être aussi forte que lui à ce jeu qui me fascinait. Ce sont les meilleurs souvenirs que j'ai de son époque. Un été, nous avons été sur un terrain de basket et nous avons joué toute la journée, presque tous les jours. Il m'a appris tout ce qu'il fallait sur le basket. Nous étions si proche, je l'aimais tellement. C'était mon meilleur ami et jamais je n'aurais pensé jouer sans lui dans son équipe. Il n'a jamais retrouvé de femme, il me répétait des millions de fois que j'étais la femme de sa vie, avant de me coucher.
Pourtant, même si cette période de ma vie était la meilleure de toutes, ceci à dû s'arrêter, brusquement. Il y a deux ans, mon père est mort d'une maladie cardiaque. Ma vie s'est arrêtée en même temps que la sienne. A l'époque, je n'avais que dix-sept ans mais je ne me suis jamais senti aussi seule et abandonnée. La seule chose qui m'a permis de revivre et de mettre fin à mon chagrin, c'est de continuer de jouer. J'ai terminé mes études, toujours dans le silence et dans la tristesse. Aujourd'hui, j'ai décidé de tirer un trait sur cette vie et continuer de vivre. Alors, je déménage à côté de New York, j'ai trouvé un petit appartement dans un quartier chaud ou le loyer est assez facile à subvenir. La maison familiale est trop difficile a vivre sans les souvenirs, alors, je l'ais vendu et cet argent me permettra de survivre le temps que je trouve un job et d'en mettre un peu de côté. L'argent n'est pas vraiment un souci pour moi, mon père m'a laissé son capital à sa mort.
Je suis sur le route pour mon nouvel appartement, cette longue route droite et interminable ne peut m'empêcher de repenser....
__ : Tu vois Emy, ton ballon dans ta main doit être en face du panier. Et quand tu lances, ton poignet doit se casser, tu comprends ?
__ : Oui, j'essaie ! (Elle le lança et il entra dans le panier)
__ : Tu as réussi ! C'est parfait !
__: Un jour papa, je serais aussi forte que toi !
__ : Je l'espère ma petite fille.
Et puis, il y a eu les matches ou il m'a vu.
__ : Emy écoute moi ! Il faut que tu fasses écran sur la 17, à chaque fois elle te sème. Tu passes le ballon à ta coéquipière et tu te démarques en bicyclette, tu cours vers le panier, tu réclames le ballon et tu marques ! Il n'y a que de cette manière que tu arriveras à remonter au score !
__ : D'accord, papa !
Je retournais sur le terrain, j'appliquai la technique de mon père dite quelques secondes plus tôt. Il ne restait plus que quelques secondes avant la fin du match, je suis démarqué, j'ai couru vers le panier et réclama le ballon. On me fit la passe et c'est au moment ou le temps fut écoulé que le ballon entra dans le panier et fut accordé. Mon équipe avait gagné, grâce à moi. Mon coach, mes coéquipières et les remplaçantes sont arrivés vers moi et m'ont soulevé en l'air, pour me félicité et me remercier a la fois. Dans l'air, j'ai vu mon père, sauter de joie et très fière de moi. Je crois que c'est le moment que je garde le plus en mémoire. Son sourire, ses yeux, sa fierté, tout était réuni pour que ce match reste gravé dans mon esprit et lui avec.
Ma nouvelle vie a commencé, au printemps, quand j'ai arrêté ma voiture en face du pavillon de ma nouvelle maison. Tout est revenu d'un coup, comme d'un haut le c½ur : le décès de mon père, l'abandon de mon rêve et la vente de la maison de mon enfance. C'est en enlevant les cartons du camion de déménagements que j'ai compris que j'avais tout plaqué, tout abandonné depuis ce chamboulement, et en faisant des allés retours dans ce nouveau foyer, j'ai pas arrêté de me demander si je faisais ce qui était bon pour moi. Bien que la question et les remords me trottaient dans la tête, je savais pertinemment que je n'avais plus le choix. Quand j'eu terminé de vider le camion, je me suis affalé sur mon canapé et j'ai regardé en face de moi. Inconsciemment, j'ai remarqué que la baie vitrée donnait une vue assez particulière. Je me suis levée et je me suis avancée vers cette vue. C'est à ce moment que j'ai constaté que cette fenêtre m'ouvrait sur tout le quartier. Au loin, j'apercevais les grattes ciels de New York. J'ai redescendu mon regard plus bas et j'ai remarqué que des gamins s'amusaient dans la rue, jonglaient de trottoir en trottoir pour se faire des passes, a taquiné la balle. C'est à cet instant que j'ai compris que ce quartier me détrompait d'une certaine manière des questions que je me posais et des réponses que je me disais. Mais mon angoisse est revenue au galop. Mon regard s'est mis à flotter dans l'espace. Pris d'une certaine bouffée de nostalgie et de mélancolie, j'ai préféré m'occuper l'esprit et commencer mon emménagement.
Le soir venu, il ne restait plus que ma chambre à ranger. Je me assise sur mon lit, j'ai mis sur mes genoux une boîte en carton de toutes les couleurs. Je l'ais ouverte et posé le couvercle sur ma couette et j'ai scruté l'intérieur. J'ai d'abord constaté mon diplôme de meilleures joueuses de la saison, dans un cadre en verre, au dessus. Je me rappelle encore, comment j'étais fière de moi quand j'ai décroché ce titre. Mon père était si content pour moi. Je ressens ma mélancolie me prendre a la gorge, je pose mon cadre sur mon lit pour continuer ma recherche. Je remarque que mon cadre préféré avec la photo de mon père et moi est ici, je la prends entre mes mains. Un sourire se dessine sur mon visage quand je repense au moment où nous avons pris cette photo, nous étions heureux tous les deux, à cette époque. Et puis, je revois sa casquette favorite de New York, qu'il portait tout le temps. A sa disparition, je l'ais gardé et je l'ais tout le temps porté, d'ailleurs, elle est ici, dans cette boîte. Je la prends dans mes mains, effleure du doigt le logo et repense encore à lui. Cette fois ci, c'est la colère qui a pris possession de moi, énervé par cette époque révolue, j'ai remis cette casquette avec énergie ainsi que le cadre et le diplôme, comme pour en terminer avec ses souvenirs qui me dévorent. J'ai refermé cette boîte comme si je refermais un album photo avec tous les fantômes que ça faisait ressurgir. J'ai posé ma boîte sur le lit et j'ai soupiré. J'ai ravalé rapidement mes sanglots qui allaient arriver à grand pas. Un raz de bol de pleurer encore et encore m'envahissait alors j'ai levé les yeux et sans le vouloir, mon regard s'est posé sur mon ballon orange, posé sur ma commode. Mon meilleur ami, mon réconfort, toute ma colère et ma tristesse se sont envolé quand je l'ais vu. Je me suis levée et me suis avancé vers lui, je l'ais pris dans mes mains, comme si je le voyais pour la première fois et que je le découvrais et jouais ma carrière avec. A cet instant, j'ai mis mes baskets, mon survêt et mon ballon et suis parti de l'appart'. J'ai commencé à marcher dans la rue, à dribbler avec ma balle, histoire de l'entendre me chanter qu'il était content d'être avec moi. J'ai continué ma route, dans le silence et la lumière des lampadaires. Le silence ici se joue avec un fond de klaxon, de sirène et de musique de bar. Bizarrement, de cette démarche, je me suis senti apaisé. Et c'est quand je suis arrivé à cet endroit que je me suis arrêté. J'ai découvert, un terrain de basket désert, en face d'un fleuve. J'ai observé le panier de basket, le cercle rouillé, le filet usé, le panneau fatigué. Sincèrement, en l'admirant comme une ½uvre d'art, je me suis reconnu en lui, cherchant un sens, attendant quelqu'un pour redonner une existence à ma vie. Je suis entré sur ce terrain, comme si c'était le plus beau stade du monde, ému au fond de moi comme si je jouais le match de ma vie. Le silence pesant et tellement agréable me transporta vers un sentiment que je ne connaissais pas encore. C'était comme si toute cette tristesse, cette mélancolie, ce chagrin, cette colère qui me pesait tant sur le c½ur s'était envolée comme une plume au vent. Je crois que c'est à ce moment, dans cette pénombre, dans ce silence, dans cette solitude, que ma vie a véritablement changé.